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Interview de Eric Hagard par Delphine Catalifaud pour le Journal de la haute Marne
"Eric Hagard, l'un des quatre nouveaux entraîneurs de l'équipe de France, arrivé du Pôle de Toulon avec son épouse, a vécu samedi sa première sortie
de gala avec les Bleues. Il livre ses premières impressions et revient sur son expérience ...aux Etats-Unis, qu'il estime très formatrice.
Le Journal de la Haute Marne: Qu'attendiez-vousde cette sortie de gala, la première depuis la fin de la dernière olympiade?
Eric Hagard: "Il s'agissait surtout, pour nous, d'une première prise de repères. Il y a un nouvel encadrement, deux nouveaux couples d'entraîneurs
et je dirais même, presque une nouvelle équipe de France. De la dernière olympiade, il ne reste que trois gymnastes titulaires. Ce soir (samedi), ni Pauline Morel, ni Youna
Dufournet n'étaient présentes. Elles étaient en pleine préparation des Mondiaux qui ont lieu dans moins d'un mois et ce genre de rendez-vous n'entre évidemment pas dans leurs plans. Après
une longue coupure estivale, nous sommes vraiment en phase de rerprise. Ce gala s'inscrivait autant dans le cadre d'une remise en jambes que d'une démarche pédagique."
JHM: Plus que les qualités tehniques, c'était donc l'état d'esprit qui vous importait...
E.H.: "Nous sommes dans une phase de cohésion de groupe. Sur la dizaine de filles présentes, six sont juniors. Tout le monde apprend à se
connaitre, depuis les deux satges d'oxygénation à Briançon et à Vittel. L'état d'esprit revêt une importance capitale pour nous. Là , il n'y avait pas de pression. Il s'agissait avant tout
de se faire plaisir et d'offrir un beau spectacle au public, pour lui faire découvrir ce qu'est la gym de très haut niveau. Techniquement, nous sommes encore très, très loin d'un contenu
compétitif."
JHM: Ce gala vous donne-t-ilenvie de renouveller plus souvent ce genre de rendez-vous avec le public?
E.H.: "Les calendriers sont chargés et ce'st difficile. Mais je suis convaincu du bien fondédes galas comme celui-ci. Quand cela se présente hors
période de préparation, c'est très formateur. Ce sont parfois des salles qui ne sont pas aux normes de compétition ( Chaumont y est), les filles sont obligées de se prendre en main
et elles disposent de peu de temps d'échauffement."
JHM: Nouvelles olympiades, nouveaux entraîneurs...quelles leçons avez-vous tirées de la dernière
campagne et quelles sont les évolutions que vous souhaitez
apporter?
E.H.: "D'abord, le bilan post-olympique est correct. En terminant 7ème des Jeux, nous avons atteint notre objectif. La période avant Pékin était une
période troublée, avec le départ d'Yves Kieffer, démis de ses fonctions quelques mois avant les JO et qui entraîne désormais en Belgique. Ce que j'aimerai aujourd'hui, ce'st mettre un
peu d'originalité dans le mouvement. Je voudrais qu'on ait plus de sens artistique car le code de pointage actuel met l'accent dessus. Et puis je souhaite aussi qu'on maintienne le
niveau d'accobatie qui est le nôtre. "
JHM: Vous avez une expérience d'entraîneur aux Etats-Unis. Que cela vous a-t-il apporté?
E.H.: "J'ai réappris totalement mon métier! Dans l'état d'esprit, dans l'entraînement, dans le "fighting spirit", c'est complètement différent. J'ai
aussi découvert une autre gestion du groupe, de la relation qu'un entraîneur entretient avec ses athlètes. On n'est plus dans le shéma type Europe de l'Est. On n'est plus dans le militaire.
Je veux insuffler cet état d'esprit là dans mon groupe, mettre de l'enthousiasme, du fair-play. Je crois que je suis sorti grandi de cette expérience"
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CLARA: La promesse de l'Aube
Clara Della Vedova, formée aux Bergeronnettes à Saint André les Vergers, dans l'Aube, a savouré samedi soir sa première sortie officielle avec
l'équipe de France. A Chaumont, où gamine, elle a disputé de nombreuses compétitions, elle a retrouvé avec gourmandise et excitation ses racines champardenaises. Peut-être un nouveau
départ, après trois années passées à enchaîner les blessures au coude.
Et dire que, toute gamine, elle matchait avec Lucile Jédelé ou Léa Cabréra, qu'elle les a usés les agrès de La Chaumontaise quand elle n'était pas
encore entrée dans le giron fédéral. Déjà , elle était en avance. Dans la grâce, dans l'exécution. Muriel Dimet, sa coach de toujours, l'a toujours su.
Elle a bien grandi, Clara Della Vedova. A seulement 15 ans, elle les aura le 29 novembre prochain, la jeune auboise des Bergeronnettes, à Saint André les Vergers, vient de rejoindre l'INSEP
à Paris, en août.
"Clara est une gymnaste très talentueuse. Elle constitue un grand espoir pour la gym française. On la suit depuis un bout de temps, et malgré ses blessures, elle n'est jamais sortie de
nos plans" . La confidence a d'autant plus de poids qu'elle vient d'Eric Hagard, entraîneur de l'équipe de France.
Samedi, Clara Della Vedova a vécu un jour pas comme les autres. Pour sa première sortie en justaucorps de l'équipe de France, la jeune auboise à Chaumont, jouait presque à domicile. La
locale de cette étape tricolore, devant un public tout acquis à sa cause où figuraient également sa maman, une délégation des Bergeronnettes et des Chaumontaises admiratives devant tout ce
chemin parcouri, a dévoré cette soirée de gala avec gourmandise. "Cela s'est vu dans son regard!" notait avec satisfaction son entraîneur national. "Clara était vraiment très
heureuse de participer à ce gala. Elle était souriante, rayonnante. Tout l'inverse de l'entraînement. C'est une bosseuse. d'habitude, elle est un peu introvertie, dans sa bulle...
"
C'est qu'elle revient de loin, la petite perle auboise. A 11 ans, quand elle quitte sa région natale pour rejoindre le pôle de Créteil, la petite brune croit tenir le bon bout. Le premier
mois est pourtant très difficile. L'éloignement familial lui pèse. Les exigences du pôle aussi."Après le premier stage effectué à Créteil, je n'avais même plus envie d'entrer au Pôle!
mes parents m'ont reboostée et finalement, tout s'est arrangé." se souvient-elle. mais le pire arrive: une vilaine blessure, au coude, avec fracture, intervention chirurgicale et
broches. Les mois passent, Clara reprend du service. Et rechute. Même diagnostique, mêmes doutes. "Franchement, j'ai pensé tout arrêter!" confie-t-elle "Je me disais que
j'étais nulle, je voyais les autres filles progresser et moi je stagnais. Cela me démoralisait..." Son tempérament de battante et de bosseuse "une vraie petite fourmi", dixit
Eric Hagard, la relance une nouvelle fois. "Depuis qu'elle a rejoint l'INSEP, elle retourne en soleil aux barres asymétriques. La voilà repartie pour un tour!" fait remarquer, à la
fois fière et admirative, sa maman, entraîneur d'aérobic.
En décembre, Clara ôtera ses broches.. toujours dans son coude. "Je me remets tout doucement. Je n'ai plus d'appréhension. Entrer à l'INSEP, cet été, je me suis dit que c'était la
chance de ma vie, après trois années passées au Pôle à Créteil. Je n'ai pas été épargnée mais je suis toujours là et j'espère me qualifier pour les gymnasiades, en décembre, au Qatar'
explique-t-elle. L'espoir d'une belle revanche sur le sort
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Regards de Chaumontaises
Léa Cabréra: "Sur le mouvement de poutre, il y a un monde entre nous et l'équipe de France! Pareil pour le double tendu en barres asymétriques, on a
halluciné! C'était une vraie leçon de gym qu'on a prise, et moi, je veux bien qu'elles viennent faire un stage chez nous. Rien qu'en les regardant, on apprendra plein de choses!"
Léa Brugnon: "Je retiendrai surtout leur dynamisme, même sur les exercices les plus simples. C'est tout de suite plus explosif que ce que l'on
fait"
Charlotte Cognon: "Si j'ai une question à leur poser quand on va aller prendre le petit déjeuner avec les filles de l'équipe de France demain
matin (dimanche)? euh... tu veux des céréales? ( éclats de rire) Non, sérieusement, on a vraiment passé un bon moment et elles aussi, ça s'est vu. Elles se sont fait
plaisir car il n'y avait pas de pression. Cela fait du bien de les voir détendues car, généralement, on ne les voit qu'en compétition où elles sont plus fermées."
Lucile jédelé: " Il y a un gouffre entre elles et nous, même sur des éléments de base, qu'on al'impression de maîtriser. C'est vraiment
impressionnant! Elles ont une telle amplitude dans tout ce qu'elles proposent! Demain (hier), j'aimerai bien leur demander ce qu'elles ont pensé de Chaumont, de leur venue ici. On
s'était dit "peut-être qu'elles vont venir un peu blasées". je pense qu'elles ont pris du plaisir. Si elles veulent venir faire un stage à Chaumont, dans la salle spécialisée, ce sera avec
grand plaisir!"
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Article de Delphine Catalifaud, pour le Journal de la Haute Marne du lundi 21 septembre 2009.
Photos de Anne-Marie Baizet
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