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Sa mère ne pouvait plus supporter de racheter des sommiers neufs tous les quinze jours. Alors, elle l'a inscrite à la gymnastique. Hélène Gesser
avait 6 ans, mais elle se souvient de ce cocasse épisode comme si c'était hier. Elle se marre encore en l'évoquant. "Je faisais des saltos sur mon lit et je cassais les lattes du
sommier", raconte-t-elle, amusée. Et ce'st ainsi qu'Hélène est venue à La Chaumontaise, déjà fréquentée par sa soeur.
Le hasard fait bien les choses...Car quelques années plus tard, repérée par le Conseiller technique Régional, Hélène Gesser, 10 ans à peine au
compteur, migrait déjà chaque mercredi à Châlons en Champagne, toute seule comme une grande, pour s'entrainer avec les meilleurséléments régionaux. Dans la foulée, elle effectuait des
tests pour intégrer un pôle espoir. Une ascension fulgurante que l'intéressée ne s'explique pas vraiment. Elle indique seulement que "jamais elle n'a réfléchiquand elle effectuait les
mouvements, que les choses venaient naturellement". Un talent inné donc, qui lui a permis de rejoindre le Pôle Espoir de Créteil, après avoir également été testée à Saint Etienne.
L'histoire s'accélère alors. Ses trois saisons en Pôle la propulsent au plus haut niveau national. L'éloignement familial la fait mûrir plus vite qu'à son tour et l'expérience lui forge
un caractère bien trempé. "C'était fabuleux de vivre le haut niveau. Je ne regrette rien. J'ai appris beaucoup, et bien au-delà de la gymnastique. Cela me sert encore aujourd'hui,
humainement et professionnelement", assure-t-elle.
Alors, bien sûr, elle n'a pas gardé que des bons souvenirs de son passage en Ile de France. Après le Pôle espoir, Hélène Gesser a intégré l'INSEP et son régime draconien, surtout en
gymnastique. A l'école de la rigueur, dans une discipline déjà réputée pour en exiger beaucoup, la Chaumontaise a dû ronger son frein, serrer les dents.Non pas physiquement.
Psychologiquement."Avec les entraîneurs, cela ne passait pas très bien. J'avais un gros gros caractère et je tenais tête. Yves Kiefer, mon coach de l'époque n'aimait pas beaucoup
cela. Au bout d'un moment, j'en ai eu ras-le-bol. Alors, je suis partie, l'année des Jeux Olymiques, pour lesquels j'avais suivi toute la préparation", raconte-t-elle, sans
regrets.
Un choix de vie plus qu'un choix sportif, dans un contexte conflictuel qui finissait par lui miner le moral."Avec les filles, comme Isabelle Severino, Delphine Regease par exemple,
tout allait en revanche très bien. J'ai d'ailleurs conservé de bons contacts avec tout le monde. Elles, elles sont allées plus loin. MOI, j'ai préféré stopper là. De toute façon, j ne
sais pas si je serais allée à Sydney car j'étais systématiquement écartée des rencontres internationales".
Avec le recul, elle reconnait que son caractère l'a souvent desservie sur ce plan là. Mais Hélène gesser a aussi appris à garder le cap, grâce à son tempérament de battante. Là où
beaucoup de gymnastes, après le haut niveau, peinent à rebondir pour se reconstruire une vie après leur sport, la Chaumontaise a surmonté les difficultés.
De retour à Chaumont, la situation fut pourtant tout sauf aisée."Je m'entraînais moins, forcément;Je savais que j'allais régresser, mais
j'étais bien entourée et je continuais à prendre du plaisir". A 15 ans, elle allait aussi devoir gérerles transformations corporelles. "quinze centimètres et 9 kilos en un an à
peine. Il a fallu que j'accepte, que je m'adapte", confie-t-elle.
Un an après son baccalauréat, Hélène Gesser replongeait de plus belle dans la gym. Finies les études, la Chaumontaise décidait de passer le Brevet d'Etat pour entraîner, transmettre sa
passion et son savoir-faire. "La première année, je l'ai fait par correspondance, c'était une catastrophe. J'en ai parlé à La Chaumontaise et j'ai fini par suivre ma formation pendant
deux ans au CREPS de Strasbourg". Depuis cinq saisons maintenant, elle coache. Et prend un soin tout particulier à concilier rigueur et humanité. "C'est tout ce qui manquait à
l'INSEP. Il ne faut pas perdre de vue qu'on a affaire à des enfants. Ils ne sont pas des machines. J'ai l'impression que ce'st un paramètre qu'on n'avait pas pris en compte à mon époque,
à Paris...", lance-t-elle.
Pour le fun et pour aider, elle n'a jamais cessé des 'engager en compétition par équipes. Depuis cette saison, elle a aussi décidé de participer aux Individuels, en optionnel poutre, son
agrès favori. "A 24 ans, j'ai encore de bonnes sensations. C'est comme le vélo, on n'oublie pas. Alors, je me suis dit "Pourquoi pas? "". Du coup, elle vise les Championnats de
France, rien de moins, et, plus ou moins secrètement, le top 5. Un résultat qui lui rappellerait de bons souvenirs, puisque la Chaumontaise, en juniors, avait décroché la quatrième place
du concours général, le meilleur classement de sa carrière. La boucle serait alors boucléepour cette infatigable travailleuse, qui passe ses journées dans un gymnase
depuis qu'elle est haute comme trois pommes.
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