Faire appliquer un texte contraignant alors que son prédécesseur n'est même pas respecté par tous les pays et fédérations signataires... Les
optimistes appelleront ça un tour de force, les autres un subterfuge. Quoi qu'il en soit, c'est exactement la situation provoquée par l'AMA (l'Agence mondiale antidopage sise à Montréal),
depuis le 1er janvier dernier. A cette date, le nouveau Code antidopage - Code 2 ou C2, pour simplifier, mis sous toit à Madrid en novembre 2007 - est entré en vigueur tandis que son
ancêtre, ......
A Madrid, donc, il y a quatorze mois, on apprenait ceci, ébahi: sur les 191 Etats qui s'étaient engagés à ratifier le C1, moins de 80 avaient paraphé la Convention de l'Unesco qui leur
permet d'adhérer aux lois contre le dopage, donc de les rendre opérationnelles.
Un an plus tard, le Conseil de fondation - organe suprême - de l'AMA s'est réuni en son siège québécois. Pour constater quoi? Que, si le nombre
des pays en voie de conformité avait augmenté, les derniers de classe - par exemple l'Autriche, la Bolivie, la Bulgarie, Haïti, Israël, la Lituanie, le Pérou, la Corée du Nord, la
Turquie, Andorre et Saint-Marin - ne diminuaient pas. «Mieux», que cinq Fédérations internationales olympiques sur 35 - gymnastique, lutte,
volleyball (la première devant le football question adhérents), handball, pentathlon moderne - pouvaient être dénoncées pour une politique laxiste de contrôles hors compétitions.
On croit cauchemarder. Comment le combat contre le fléau du dopage s'avérerait-il efficace dans de telles conditions? Interrogation qui n'a pas eu l'heur de tarauder l'esprit de la
majorité des membres du Conseil de fondation. Ceux-ci, par 23 voix contre 13, ont accepté d'accorder six mois de plus aux cancres, soit jusqu'à fin mai, histoire de se mettre en accord
avec le Code. Seule concession à la «fermeté»: le nouveau, pas l'ancien.
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Reste à savoir si la gymnastique ou le volleyball doivent être considérés comme de «petites fédérations»! Journaliste à L'Equipe,
spécialiste de la politique antidopage, Damien Ressiot écrit: «Le Conseil de fondation de l'AMA a livré sa plus pitoyable entreprise de communication. Car, en matière de lutte contre le
dopage, que peut-il arriver de pire que d'assister au crêpage de chignon entre le CIO et certaines autorités publiques, les deux entités qui gèrent l'agence, sur un thème aussi crucial
que le respect du Code mondial? [...] Le CIO a exprimé en bloc une certaine compréhension vis-à-vis des cancres. En face, l'Europe et l'Amérique du Nord ont voté dur. Insuffisant: 23 voix
pour un moratoire, 13 en faveur de l'inflexibilité.»
Rendez-vous en mai
Entre-temps, la FIVB (volleyball) s'est empressée de se mettre en règle en matière de nombre de tests inopinés prévus en 2009: .....
Pour les autres retardataires, Etats et instances sportives confondues, rendez-vous en mai. Avec la menace latente de ne plus être admis aux
Jeux olympiques, voire aux Championnats du monde. D'ici là, le Code 2 et ses 80 pages, fruit de dix-huit mois de négociations tous azimuts, devrait déployer ses effets. A savoir,
grande nouveauté, l'interprétation au cas par cas.
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