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16 décembre 1890
Le concert spectacle de
la Chaumontaise (1/4)
Beaucoup plus de monde qu'on ne l'aurait supposé à cette matinée, qui, du reste, a été fort intéressante. Cela manquait un peu de combustible. Il paraît qu'au théâtre, plus on chauffe, et plus il fait froid. Alors, vous comprenez, nous disait une personne très ferrée sur la question, qu'il vaut mieux ne pas allumer le calorifère. On aurait le visage presque en sueur, et les pieds à la glace. D'où menace de congestion, de bronchite, voire de phtisies, ce qui serait particulièrement dangereux, en ce moment où la lymphe de Kock s'évertue à tuer tous les malades qui pouvaient espérer vivre encore quelques années, en traitant leur tubercole... Il est donc préférable, indubitablement, de ne point faire de feu. ...
Remarquez que nous n’avons été nullement convaincus par le profond raisonnement de notre interlocuteur, et qu'une fournée de coke -- ne pas imprimer Koch -- dans le calorifère, nous aurait semblé tout à fait de circonstance... Mais, enfin, on n’en est pas mort. On a même passé son temps le plus agréablement du monde.
L’Harmonie Chaumontaise, qui prêtait son concours à sa soeur la gymnastique, nous a joué avec son brio habituel plusieurs morceaux de son excellent répertoire. Nous avons remarqué particulièrement la cavatine d'Attila, qui comportait un magnifique air de saxophone. Le soliste s'est parfaitement tiré de sa tâche difficile, et nous lui adressons nos meilleurs compliments. Malheureusement, par ces temps de froidure extrême, il est on ne peut plus difficile de bien accorder les instruments. Tel de ceux-ci, qui est un petit volume, s’échauffe plus vite, sous les doigts et sous les lèvres du musicien, que tel autre, d'une plus grande capacité. Il en résulte inévitablement que l'accord, parfaitement établi au début d'un concert d’hiver, cloche un peu par la suite : c'est ainsi que le saxophone, que nous avons entendu avec tant de plaisir, était comme tonalité un peu au-dessous de la clarinette qui reprenait, à l'unisson, partie du même motif. Nous le répétons, ce n’est la faute à personne. Tous les musiciens savent que, par les grands froids, ce phénomène se produit. Il y a absolument rien à y faire.
.....Suite au prochain article....
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